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Aujourd'hui le vendredi 26 octobre, assez terrible pour moi. C'est le genre de jour où une personne chère à vos yeux quitte le monde du vivant. En l'occurence il s'agit de la victoire du cancer sur ma mamie après un combat acharné qui s'est étalé sur deux années. Des réveils difficiles j'en ai eu dans ma vie. Mais ce matin ce fût du sérieux... Je m'y attendais un peu vu son état qui se dégradait, mais malgré ça, j'ai pas su agir tant qu'il le fallait. Même sous une épée de damoclès aussi intimidante que la mort, j'ai pas réussi à dire ce que je voulais lui dire en allant la voir. Vous savez, les deux mots les plus difficiles à dire, surtout lorsqu'ils sont sincères. Si j'avais su que ce jour-là ce serait ma dernière visite à l'hopital, ça aurait peut-être changé quelque chose. Mais il se trouve que là j'ai l'impression de l'avoir laissé partir sans lui montrer comme elle comptait pour moi. En y réfléchissant bien, mon attitude la dernière fois que j'l'ai vu, était celle du mec qui en a rien à foutre et qui rend visite parce que ça fait bien, ou parce qu'il le faut. Alors que aujourd'hui j'ai passé ma journée à verser des larmes, en cours, sur le chemin du lycée et en ce moment-même. La douleur fût à son paroxisme quand je me suis rendu chez elle pour une dernière fois cette après-midi. Avant de partir j'ai pris deux ou trois bonbons dans la boîte habituelle, ils sont encore dans ma poche je peux pas les manger.
Je regrette tellement de pas l'avoir vu plus souvent quand je le pouvais, et de lui avoir dit ou montré comme elle était importante pour moi.
Et puisque j'écris ça sur mon blog, et que ce sera peut-être lu par quelqu'un d'autre que moi, j'en profite pour passer ce message :
Profitez des gens pendant qu'ils sont encore là, et faîtes en sorte de ne rien regretter plus tard. Je sais que c'est une phrase bien cliché et cul-cul-la-praline, je l'ai entendu maintes et maintes fois par le passé, et malgré ça j'ai réussi à agir minablement et porter un double fardeau maintenant. Et je peux vous assurer que c'est pas facile.
Puis merci aux personnes qui se sont inquiétées pour moi, jem'excuse sincèrement pour le rejet que j'ai eu pour elles, mais sur le coup c'était dur, ça l'est encore (un clavier a au moins l'avantage de faciliter certains échanges, je n'aurai jamais pu dire tout ce que je viens d'écrire à quelqu'un sans m'effondrer).


Monique Bichet (1943 † 2007)
Une mamie partie bien trop tôt à l'âge de 64 ans. Elle ne fumait pas, et était un exemple vivant de volonté de vivre, de tolérance, d'amour, de sagesse et d'ouverture d'esprit. La vie est injuste, mais elle continue.
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# Posté le mardi 06 novembre 2007 16:24

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